Talus
Revue de pressqu’hebdomadaire

Accueil > Annexes > Crise mondiale climatique & propagande israélienne

Crise mondiale climatique & propagande israélienne

jeudi 10 octobre 2019, par Talus

Téléchargements :

Crise mondiale climatique & propagande israélienne

Crise mondiale climatique :

le mieux qui puisse arriver pour la propagande israélienne

Haaretz

Global Climate Change Crisis: Best Thing to Ever Happen to Israeli Hasbara

 

Greta Thunberg is in. Ahed Tamimi is out. Let the great greenwashing begin

 

Crise mondiale sur le changement climatique : le mieux qui puisse arriver pour la propagande israélienne.

Greta Thunberg est présente. Ahed Tamimi est absente. Que le grand " blanchiment  écolo " commence !

Au cas où vous auriez un trou de mémoire à propos d’Ahed, j’ai collé une photo en bas de l’article, je suppose que vous la reconnaîtrez.

Manif climat Tel Aviv

Israelis take part in a protest against climate change during an event in Tel Aviv, Israel September 27, 2019.\ AMMAR AWAD/ REUTERS

Des israéliens participant à une manifestation contre le changement climatique à Tel Aviv, israël le 27 septembre 2019. AMMAR AWAD/ REUTERS

 

In a radio interview last week, Danny Danon, Israel’s ambassador to the United Nations, summed up the just-ended annual UN General Assembly. Asked about the intensified focus this year on the climate crisis, Danon answered, "It’s important and we should be discussing it more, but from our perspective the fact that Israel is not being discussed [at the UN] is an achievement."

 

I doubt Danon was actually taking credit for having engineered global warming as a crafty stratagem for taking the Israeli-Palestinian conflict off the UNGA’s agenda. Though I wouldn’t totally put it past him.

 

I think he was merely making, in his obtuse way, a perfectly valid observation. The world is no longer focused on Israel, and the Palestinian cause is no longer fashionable. Even at the UN, the plight of the Palestinians has been overshadowed by the future of the planet. Greta Thunberg is in. Ahed Tamimi is out.

 

Our occupation has been going off the global agenda boil for a while now, kept just-alive in the public sphere mainly by a tiny handful of news organizations and a few young left-wing American Jews. But even its most dependable cheerleaders seem to have moved on.

 

 

The usually reliable Desmond Tutu said this week that it was climate change, not Israel, which is "the apartheid of our times," calling upon corporations to divest from fossil fuel.

 

In an ideal world it should be possible to fight for two causes simultaneously; to call for urgent action on the climate and justice for the Palestinians at the same time. But the sad truth is that no matter what the theorists of intersectionality tell you, human attention span is limited, and not all injustices can be fought in one go.

 

As it is, the anti-Israel campaign has for a while been gradually pushed in to increasingly fringe venues, like the ritual ten minutes of hate at the annual conference of the Corbynist Labour Party.

 

The world is tired of our never-ending conflict and, with the exception of a few obsessives, has accepted the grim fact that it can’t impose a solution on the two sides.

 

A generation of high-level diplomacy has been beaten by intransigence on the ground and the BDS "movement" has been revealed as nothing more than a motley group of cyber-bullies. Hanging out with a keffiyeh wrapped around your neck just isn’t cool anymore. Extinction Rebellion is where things are now. And if it wasn’t the climate, then it would be something else.

 

What aboutism is a lousy argument, but it speaks to a basic truth. The levels of attention and energy expended on certain issues are rarely commensurate to their actual importance and magnitude in the general scheme of things.

 

 

 

Dans une interview à la radio la semaine dernière, Danny Danon, ambassadeur d’Israël auprès de l’Organisation des Nations Unies, a résumé l’Assemblée générale annuelle de l’ONU qui vient de se terminer. Interrogé sur l’intensification de la crise climatique cette année, Danon a répondu: " C’est important et nous devrions en discuter davantage, mais de notre point de vue, le fait que le cas d’israël ne soit pas discuté [aux Nations Unies] est un exploit. "

 

Même si je ne dirais pas que Danon s’attribue le mérite d’avoir conçu le réchauffement climatique comme un stratagème astucieux pour soustraire le conflit israélo-palestinien de l’ordre du jour de l’Assemblée générale des Nations Unies, mais le résultat est le même.

 

Je pense qu'à sa manière obtuse, il faisait simplement,  une observation parfaitement valide. Le monde n'est plus concentré sur israël et la cause palestinienne n'est plus à la mode. Même à l'ONU, le sort des Palestiniens a été éclipsé par l'avenir de la planète. Greta Thunberg est présente. Ahed Tamimi est absente.

 

Notre occupation [des territoires palestiniens, NdTalus] est en train de sortir de l'agenda mondial depuis un moment, elle n’est restée présente dans la sphère publique que principalement par une infime poignée de media et quelques jeunes juifs américains de gauche. Mais même ses pom-pom girls les plus fiables semblent avoir évolué.

 

Desmond Tutu, habituellement digne de confiance, a déclaré cette semaine que c’est le changement climatique, et non pas israël, qui est " l’apartheid de notre époque ", appelant les entreprises à se défaire des combustibles fossiles.

 

Dans un monde idéal, il devrait être possible de lutter simultanément pour deux causes. Appeler à une action urgente sur le climat et à la justice pour les Palestiniens en même temps. Mais la triste vérité est que peu importe ce que les théoriciens de l'intersectionnalité vous disent, la capacité d'attention de l'homme est limitée et toutes les injustices ne peuvent pas être combattues simultanément.

 

En l’occurrence, la campagne anti-israélienne a été progressivement poussée dans des lieux de plus en plus marginaux, comme le rituel de dix minutes de haine à la conférence annuelle du parti travailliste corbyniste.

 

Le monde est fatigué de notre conflit sans fin et, à l’exception de quelques obsédés, a admis le fait sinistre qu’il ne peut imposer de solution aux deux parties.

 

 

Une génération de diplomates de haut niveau a été battue par l'intransigeance sur le terrain et le " mouvement " du BDS n'a été décrit que comme un groupe hétéroclite de cyber-tyrans. Traîner avec un keffieh enroulé autour de votre cou n’est plus cool. Extinction Rébellion est l’actualité maintenant. Et si ce n’avait pas été le climat, c’eut été autre chose.

 

 

 

Cet aboutissement procède d’un mauvais raisonnement, mais il en dit long sur une vérité fondamentale. Les niveaux d’attention et d’énergie consacrés à certaines questions sont rarement à la mesure de leur importance du moment ni de leur ampleur réelle dans l’ordre général des choses.

 

 

G. Thunberg climat ONU

Greta Thunberg addresses the Climate Action Summit in the United Nations General Assembly, September 23, 2019. Photo : Jason DeCrow,AP

Greta Thunberg prononce un discours lors du sommet sur l'action pour le climat à l'Assemblée générale des Nations Unies, le 23 septembre 2019.  Photo : Jason DeCrow, AP

 

Danon was right about one thing, after decades in which the Palestinian issue eclipsed many other worthy causes, those infernal do-gooding busybodies have something much bigger to sink their teeth in to now.

 

 

And while he is the first person I’m aware of who has put it in such blunt zero-sum terms, there is already a small cohort of hasbara-ists who have been busy for a while burnishing Israel’s eco-credentials.

 

 

You can bet that a certain type of blogger who routinely accuses Israel of pinkwashing, when it presents itself as an LGBT paradise, will soon be bleating about "Zionist greenwashing."

 

And to be fair, Israel is well-positioned for a green makeover. The refinery and petrochemical factories in Haifa continue to spew cancerous fumes unhindered, and the state treasury’s main income remains tax on cars and petrol. But that isn’t what the world is going to see and hear about Israel in the next few years.

 

 

Get ready for slick PR campaigns on the revolutionary methods of water management and cutting-edge solar energy networks. All true by the way. And of course, as taps run dry across the region, there’ll be all those news features on how thanks to being a world-leader in desalination, Israel provides the Palestinians with 64 million cubic meters of water each year.

 

Danon avait raison sur un point : après des décennies au cours desquelles la question palestinienne a éclipsé de nombreuses autres causes louables, ces infernaux obsédés du bien-faire ont quelque chose de beaucoup plus grand à se mettre sous la dent maintenant.

 

Et bien que ce soit la première personne que je connaisse qui l’a formulée de manière aussi directe et si simplement, il existe déjà une petite cohorte de hasbara-istes qui ont été occupés pendant un moment à épurer les références écologiques d’Israël.

Hasbara : propagande (NdTalus)

 

Vous pouvez parier qu'un certain type de blogueur qui accuse régulièrement israël de " pinkwashing " quand il se présente comme un paradis pour les LGBT, va bientôt se lamenter à propos du "blanchiment vert sioniste".

 

Et pour être juste, Israël est bien placé pour un relooking vert. La raffinerie et les usines pétrochimiques de Haïfa continuent de cracher des vapeurs cancéreuses sans entrave, et le principal revenu du trésor public reste l’impôt sur les voitures et le pétrole. Mais ce n’est pas ce que le monde va voir et entendre à propos d’Israël dans les prochaines années.

 

Préparez-vous pour des campagnes de relations publiques sur les méthodes révolutionnaires de gestion de l'eau et les réseaux de pointe en énergie solaire. Tout est vrai d'ailleurs. Et bien sûr, alors que les robinets se tarissent à travers la région, il y aura toutes ces nouvelles sur comment, grâce à sa position de leader mondial dans le dessalement, Israël fournit aux Palestiniens 64 millions de mètres cubes d’eau chaque année.

 

Toiture Knesset

1,500 solar panels have been installed on the roof of Israel's Knesset building, said to be the largest solar field of any national assembly in the world. Photo : Olivier Fitoussi

1 500 panneaux solaires ont été installés sur le toit du bâtiment de la Knesset en Israël, le plus grand ensemble photovoltaïque de toutes les assemblées nationales du monde. Photo : Olivier Fitoussi

 

 

 

Don’t be surprised if, in a couple of years, the solution for isolated Gaza’s woes will be dressed up in environmental, rather than political terms, and Hamas will be accused of provoking an ecological disaster.

Unlike the Republicans in the United States who are boxed into climate denialism by the dictates of industrialist donors and the anti-science tendencies of Christian evangelicals, Israeli nationalists can easily present themselves as eco-warriors. 

The Torah’s environmental streak literally emerges from the laws of war and the prohibition in Deuteronomy

not to destroy fruit trees while laying siege to an enemy city, and Zionism’s foundational myth was about making the wilderness bloom.

As temperatures rise and polar bears starve on melting ice caps, democracy and human rights will take a backseat to keeping the sea-level rise at bay. The Startup Nation is about to become a great solar-powered light unto the nations. Let the great greenwashing begin. 

Anshel Pfeffer 

Anshel Pfeffer

 

 

Ne soyez pas surpris si, dans quelques années, la solution aux problèmes de Gaza isolé sera vêtue d’environnement plutôt que politique, et que le Hamas sera accusé d’avoir provoqué un désastre écologique.


Contrairement aux républicains des États-Unis qui sont enfermés dans le négationnisme climatique sous l'impulsion des donateurs industriels et des tendances anti-scientifiques des évangéliques chrétiens, les nationalistes israéliens peuvent facilement se présenter comme des éco-guerriers.


La ligne environnementale de la Torah se dégage littéralement des lois de la guerre et de la prohibition du Deutéronome :

" Tu ne détruiras pas les arbres fruitiers en assiégeant une ville ennemie ", et le mythe fondateur du sionisme était de faire fleurir le désert.


Alors que les températures montent et que les ours polaires meurent de faim, la démocratie et les droits de l'homme vont céder le pas à la maîtrise de l'élévation du niveau de la mer. La Startup Nation est sur le point de devenir une grande source d'énergie solaire pour les nations. Que le grand greenwashing commence.

 


Anshel Pfeffer

journaliste politique à Haaretz

 

Ahed Tamimi

Ahed Tamimi

Une entrevue dans Le Média :

AHED TAMIMI - AVOIR 17 ANS EN PALESTINE

 

& un article dans le monde aux relents nauséabonds.

 

 

 

Répondre à cet article

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0