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Le dos d’un Palestinien...

samedi 2 mai 2020, par Talus

Que le peuple d'israël se souvienne...
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Let the People of Israel Remember the Soldier Who Shot a Palestinian in the Back

Que le peuple d'israël se souvienne du soldat qui a tiré dans le dos d'un Palestinien

 

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File photo: Col. Yisrael Shomer. Credit : Reuven Castro/ Walla

le colonel yisrael shomer. Photo : Reuven Castro/ Walla

Source : Haaretz

Gideon Levy

 

Not a muscle in his face twitched as he mechanically read the text before him. Yizkor Am Yisrael – let the people of Israel remember. A spotless white shirt, tie and green beret – the Israel Defense Forces’ dress uniform. Not a muscle twitched when he read, “And all who were killed within the country and outside it by murderers.” Nor did a muscle in his face twitch when he read, “And mourn the radiance of their youth and their wonderful heroism.”

 

Not a muscle twitched in the face of Nahal Brigade commander Col. Yisrael Shomer when he read the Yizkor prayer on Memorial Day eve at the Western Wall plaza. What was going through his head at that moment? Did he think for even a moment about his own victim, whom he executed by shooting him in the back as he fled? Did he think about the “radiance of youth,” and “wonderful heroism” of the teenager he killed for nothing?

 

 

Did he think about Mohammad Kosba, a 17-year-old child of refugees, whose two brothers had been killed by IDF soldiers and a third one wounded, and who threw a stone at the brigade commander’s car and then tried to run for his life?

 

Did Mohammad Kosba’s memory even flit through Shomer’s head, or do Palestinian youths not have “radiance of youth” or “wonderful heroism,” and so he’s totally forgotten the incident, as has the IDF?

 

It happened on Friday, July 3, 2015. Shomer, then the Binyamin Brigade commander, was in his car with his driver on the road between Qalandiyah and A-Ram. There was heavy traffic, as usual. At a gas station the youth came close to the brigade commander’s car and threw a heavy stone at it from close range.

 

No one was hurt, but the commander was infuriated and got out of his car to chase the escaping youth. He fired at least three bullets at him at close range, all of which hit him in the upper body, until the teenager fell into a pool of his own blood on the road.

After that, either the commander or his driver approached the dying youth, turned over his body with his foot, got back into the car and sped away. It didn’t even occur to him to call an ambulance. Hit and run. He shot an unarmed teenager in the back, when he no longer posed a threat, then fled. That was the heroism of the Binyamin Brigade commander, or, more accurately, his cowardice. A hero against fleeing teenagers.

 

Aucun muscle de son visage ne s'est contracté lorsqu'il a lu mécaniquement le texte qui se trouvait devant lui. Yizkor Am Yisrael : que le peuple d'israël se souvienne. Une chemise blanche impeccable, une cravate & un béret vert : l'uniforme des forces de défense israéliennes. Aucun muscle ne s'est contracté lorsqu'il a lu : " & tous ceux que des meurtriers ont tués dans & à l'extérieur du pays. " Aucun muscle de son visage ne s'est contracté non plus lorsqu'il a lu : " & portez le deuil de leur rayonnante jeunesse & leur merveilleux héroïsme. "

 

Aucun muscle du visage du commandant de la brigade nahal, le colonel yisrael shomer ne s'est contracté lorsqu'il a lu la prière de Yizkor (la prière du souvenir, NdTalus) la veille du Memorial Day (le jour du souvenir, NdTalus) sur la place du Mur occidental (le mur des lamentations, NdTalus). Qu'est-ce qui lui passait par la tête à ce moment-là ? A-t-il pensé ne serait-ce qu'un instant à sa propre victime, celle qu'il a exécutée en lui tirant dans le dos alors qu'elle s'enfuyait ? A-t-il pensé à la " rayonnante jeunesse " & au " merveilleux héroïsme " de l'adolescent qu'il a tué pour rien ?

 

A-t-il pensé à Mohammad Kosba, un enfant de réfugiés, âgé de 17 ans, dont deux frères ont été tués par des soldats des fdi (forces de défense israéliennes : tsahal, NdTalus) & un troisième blessé ? Mohammad, cet enfant qui a jeté une pierre sur la voiture du commandant de la brigade & a ensuite essayé de s'enfuir pour sauver sa vie ?

 

Le souvenir de Mohammad Kosba a-t-il même effleuré la tête de shomer ? Ou bien les jeunes Palestiniens n'ont-ils pas de " jeunesse rayonnante " ni de " merveilleux héroïsme " ? A-t-il donc totalement oublié l'évènement, tout comme les fdi ?

 

C'est arrivé le vendredi 3 juillet 2015. shomer, alors commandant de la brigade binyamin, était dans sa voiture avec son chauffeur sur la route entre Qalandiyah & A-Ram. La circulation était intense, comme d'habitude. Dans une station-service, le jeune s'est approché tout près de la voiture du commandant de la brigade sur laquelle il a lancé une lourde pierre.

 

Personne n'a été blessé, mais le commandant était furieux & est sorti de sa voiture pour poursuivre le jeune qui s'échappait. Il lui a tiré au moins trois balles à bout portant, qui l'ont toutes touché dans le haut du corps, jusqu'à ce que l'adolescent tombe sur la route dans une mare de son propre sang.

 

Après cela, le commandant, ou son chauffeur, s'est approché du jeune en train de mourir, a retourné le corps avec le pied puis est remonté dans la voiture & s'est enfui à toute vitesse. Il ne lui est même pas venu à l'esprit d'appeler une ambulance. Délit de fuite. Il a tiré dans le dos d'un adolescent désarmé, qui ne représentait plus une menace, puis s'est enfui. Voici l'héroïsme du commandant de la brigade binyamin, ou, plus exactement, sa lâcheté : un héros contre des adolescents en fuite.

 

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The next day I visited the house of mourning in the Qalandiyah refugee camp. I remembered Sami Kosba from his previous period of mourning, when in 2002 he lost two children within 40 days – Yasser, age 10, and Samar, 15, who were killed by Israeli soldiers. Now he had also lost Mohammad. No one was even crying anymore in this house of poverty and bereavement.

What happened next could have been predicted: The military police “investigation,” or caricature of one, passing the case to the military prosecution, and the automatic decision to close the case. Why, did sombody die? Even an appeal to the attorney general didn’t help; the killing had been a “professional mistake,” in the words of the military advocate general. There was a slight delay in his advancement, but now Shomer occupies the prestigious post of Nahal Brigade commander.

 

But that wasn’t enough for the IDF. For shooting an escaping youth, shooting to kill, not only was there no prosecution, not only was he not booted out of the army with his tail between his legs, not only was his military career not halted, not only was there no denunciation or apology, not only was there no embarassment – on the contrary. The killer was chosen to represent the IDF at the most important ceremony on Memorial Day.

 

The IDF is proud of Shomer and his actions. It views him as a hero. This is his moral legacy to soldiers: Shoot fleeing teenagers and represent the IDF. Almost no one protested this desecration of the memory of the fallen; no one complained about this moral rot.

 

At the start of the ceremony Shomer was also given the honor of accompanying the president and chief of general staff as they entered, both wearing medical masks. But even the most hermetically sealed mask couldn’t block the stench and the shame.

 

Le lendemain, j'ai visité la maison du deuil du camp de réfugiés de Qalandiyah. Je me suis souvenu de Sami Kosba, de sa précédente période de deuil, lorsqu'en 2002 il avait perdu deux enfants en 40 jours - Yasser, 10 ans, & Samar, 15 ans, tués par les soldats israéliens. Il venait alors de perdre Mohammad. Plus personne ne pleurait, même dans cette maison de pauvreté & de deuil.

 

Ce qui est arrivé ensuite était prévisible : l' "enquête ", ou sa caricature, de la police militaire, le renvoi de l'affaire au parquet militaire, puis la décision automatique de classement. Pourquoi, quelqu'un est-il mort ? Même un pourvoi en appel auprès du procureur général n'a rien changé :  le meurtre était une " erreur professionnelle ", selon les termes de l'avocat général militaire. shomer eut un léger retard dans son avancement, mais occupe maintenant le poste prestigieux de commandant de la brigade nahal.

 

Mais ce n'était pas suffisant pour les fdi. Pour avoir tiré sur un jeune en fuite, tiré pour tuer : non seulement il n'y eut pas de poursuites, non seulement il ne fut pas expulsé de l'armée la queue entre les jambes, non seulement sa carrière militaire ne fut pas stoppée, non seulement il n'y eut ni condamnation ni excuse, non seulement il n'y eut pas eu de complication, mais bien au contraire : le tueur a été choisi pour représenter les fdi lors de la cérémonie la plus importante du Memorial Day.

 

 

Les fdi sont fières de shomer & de ses actions. Elles le considèrent comme un héros. C'est l’héritage moral qu’il transmet aux soldats : tirez sur des adolescents en fuite représentez les fdi. Presque personne n'a protesté contre cette profanation de la mémoire des soldats tombés au combat, personne ne s'est plaint de cette pourriture morale.

 

Au début de la cérémonie, shomer a également eu l'honneur d'accompagner le président & le chef d'état-major général lors de leur entrée, tous deux portant des masques médicaux. Mais même le masque le plus hermétique ne pourra faire obstacle à la puanteur ni à la honte.

 

Merci à Gideon Levy

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